Comment améliorer sa rentabilité dans un secteur en crise ?

Étude de cas
01/03/2014

Contexte et objectifs de la mission

Le secteur textile est soumis à des aléas de plus en plus nombreux. Pour retrouver leur compétitivité,les entreprises doivent mettre en oeuvre des leviers adaptés : la maîtrise de la marge brute et celle des risques liés aux stocks.

Un environnement de plus en plus contraint

Trois types de contraintes pèsent aujourd’hui sur le secteur textile : la baisse tendancielle des ventes dans les pays occidentaux, la hausse tendancielle des prix de la main-d’oeuvre, l’accroissement des facteurs d’incertitude (volatilité des matières premières, des coûts de transport et des taux de change).
Dans ces conditions, les marges brutes diminuent, les ventes en soldes et les proportions d’invendus
augmentent. Les entreprises qui cherchent à préserver ou accroître leur résultat d’exploitation peuvent travailler dans 2 directions :

  • Sécuriser et améliorer leur marge brute grâce à la standardisation des matières premières et à une meilleure maîtrise des coûts
  • Diminuer la part de risque liée aux stocks en assouplissant l’approvisionnement et enoptimisant leur localisation

Approche et méthodologie

Mener un effort de standardisation des matières premières 

La volatilité des cours des matières premières et du prix des composants peut engendrer une forte variation des coûts pour l’entreprise. La standardisation des matières et composants est une manière efficace de gommer ces effets, à condition évidemment que la perception des produits par les consommateurs n’en soit pas affectée. Un tel effort de standardisation permet :

  • De faciliter et d’améliorer la gestion des matières premières et des composants tout en concentrant les efforts sur le choix des sources d’approvisionnement
  • D’accroître les capacités de négociation grâce à la concentration des achats
  • De mettre en place des processus de réservation des matières premières pour sécuriser leur disponibilité et leur coût, et pour flexibiliser l’approvisionnement.

Afin de ne pas affecter la perception du consommateur, des études d’analyse de la valeur perçue peuvent être menées par catégorie de produits.

Mieux maîtriser les coûts

Pour comprendre les variations des prix d’achats, déterminer leur attractivité et optimiser le rapport qualité-prix d’un article, une compréhension fine des inducteurs de coûts est nécessaire. Ce qui implique le déploiement de méthodologies rigoureuses :

  • Établir des cost sheets pour reconstituer le coût objectif d’un produit et permettre ainsi aux acheteurs de négocier sur des bases rationnelles. Très simples d’utilisation, elles facilitent les démarches collaboratives.
  • Les mettre à jour régulièrement. Il est indispensable d’actualiser les coûts unitaires qui entrent dans la fabrication d’un modèle, à partir d’index de coûts et de benchmarks des offres fournisseurs.

Identifier les risques liés au stock

Dans un contexte où les produits deviennent de plus en plus vite obsolètes, les risques liés aux stocks proviennent d’abord de la complexité et de l’incertitude des prévisions : il est difficile d’anticiper correctement les besoins de réapprovisionnement au niveau des fournisseurs comme des magasins.

Deux facteurs peuvent aggraver ces risques :

  • Un manque de flexibilité dans l’approvisionnement amont (du fournisseur à l’entrepôt)
  • Une mauvaise localisation du stock par rapport au potentiel d’écoulement des points de vente

Flexibiliser l'approvisionnement amont

Aujourd’hui, la capacité d’ajustement en saison et la réactivité des réapprovisionnements déterminent le bon écoulement des collections. Pour améliorer la flexibilité de l’approvisionnement amont, plusieurs démarches peuvent être mises en oeuvre :

  • Mettre en place des procédures permettant d’identifier avec rapidité et fiabilité les besoins de réapprovisionnement
  • Relocaliser la capacité de production auprès de fournisseurs proches, réactifs et flexibles plutôt que chercher à minimiser les coûts en choisissant des fournisseurs lointains
  • Retarder au maximum les commandes de produits à durée de vie longue grâce à des engagements mutuels avec les fournisseurs sur la quantité des matières premières, puis sur celle des modèles et des tailles

Optimiser la location du stock de produits finis 

Les prévisions sur les ventes en magasins sont difficiles à réaliser de façon fiable. L’optimisation de la localisation des stocks est donc indispensable pour éviter des taux de démarque et d’invendus élevés.

L’enjeu est de retenir les modèles le plus longtemps possible en stock mutualisé, tout en garantissant un remplissage intelligent des magasins. Il est, par conséquent, essentiel d’analyser au mieux le potentiel d’écoulement du magasin et la réactivité du réassort pour déterminer le nombre de modèles et les quantités initiales nécessaires. L’allocation au meilleur vendeur permet ensuite une gestion adaptée de la fin de vie des produits.

Résultats

Quelle efficacité pour ces démarches ?

Les enjeux sont considérables : les entreprises qui conduisent de telles initiatives constatent des gains de 2 à 3 points de taux de marge brute et des réductions de 4 à 5 points de taux de démarque. En outre, ces entreprises optimisent la disponibilité des produits en magasin, et professionnalisent 2 fonctions clés de la compétitivité de l’industrie textile : les achats et la gestion.